Publié par Lyra Sullyvan

Sethe was born a slave and escaped to Ohio, but eighteen years later she is still not free. She has too many memories of Sweet Home, the beautiful farm where so many hideous things happened. Her new home is haunted by the ghost of her baby, who died nameless and whose tombstone is engraved with a single word: Beloved.

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Je ne saurais pas situer la première fois où l'on m'a parlé de ce livre tellement ça fait longtemps que j'en entends parler. Je me suis dit qu'il était temps de m'y mettre.

Bon, j'ai eu la mauvaise idée de le lire en anglais alors que c'est un livre pas simple. Non pas qu'il soit d'un niveau de langue très soutenu, loin de là, mais la façon de parler des personnages, parfois en mauvais anglais d'esclave des plantations, le langage imagé des personnages, le mysticisme et les croyances, ou encore l'horreur de la situation parfois... j'ai souvent eu du mal à saisir ce que voulaient dire les personnages, si c'était des métaphores ou ce qu'il s'était réellement passé.. Bref le genre de livre qu'il est probablement mieux de lire dans sa langue maternelle quand on n'est pas parfaitement bilingue. J'ai quand même compris la plupart des scènes et l'histoire en générale mais certains passages sont restés obscures et je peux avoir compris certains détails complètement n'importe comment, pour ce que j'en sais. Je pense que ça a pu jouer un peu sur mon appréciation du livre.

Mais bref, passons à l'histoire : Sethe, ancienne esclave vit avec sa fille Denver, recluse et fuyant les autres, à cause de son passé. Un jour, après avoir retrouvé un de ses amis de la plantation, Paul D, Sethe ouvre sa porte à une demoiselle se prénommant Beloved qui semble complètement déboussolée et pratiquement amnésique.

Les personnages ne sont pas particulièrement attachants, mais ils ont tous une histoire qui les rend intéressants et complexes. On voit leurs vices, leurs faiblesses, le masque derrière lequel ils se cachent, on connait leurs pensées, et c'est déroutant, mais au fond, normal et réaliste.

Ce que j'ai apprécié avec ce roman c'est qu'il prend une autre approche pour parler de l'esclavage. En fait, il parle plus des anciens esclaves que de l'esclavage. On en apprend finalement assez peu sur ce que Sethe et ses compagnons ont vécus là-bas, quelques bribes, mais guère plus. Si ce n'est que pendant un temps, ils semblaient être dans une plantation qui ne les maltraitait pas trop (on parle quand même d'esclavage, on va pas minimiser les choses, mais disons que d'autres ont certainement eu la vie plus dure dans d'autres endroits, malheureusement), jusqu'à l'arrivée d'un personnage.

Le livre aborde plus ce à quoi on peut aller pour protéger sa famille ou se protéger soi, comment vivre avec ses choix, le regard des siens, le spectre de l'esclavage, mais aussi les croyances des populations noires d'Amérique dans les années 1800 et des brouettes.

Je n'irai pas dire que j'ai été passionnée par ce livre, d'autant qu'il ne menait pas vraiment vers ce à quoi je m'attendais, concernant les intentions de Beloved, du moins pas totalement, mais j'ai trouvé le point de vue très intéressant. Je suis contente de l'avoir lu, parce que c'est un livre important et dont je comprends la renommée, et qu'il m'a permis une autre vision des choses sur ce sujet.

Citations :

* “Freeing yourself was one thing, claiming ownership of that freed self was another.”

* “Sweet, crazy conversations full of half sentences, daydreams and misunderstandings more thrilling than understanding could ever be.”

* “There is a loneliness that can be rocked. Arms crossed, knees drawn up, holding, holding on, this motion, unlike a ship's, smooths and contains the rocker. It's an inside kind--wrapped tight like skin. Then there is the loneliness that roams. No rocking can hold it down. It is alive. On its own. A dry and spreading thing that makes the sound of one's own feet going seem to come from a far-off place.”

 

1987, 324p. Editeurs : Vintage International Titre français : Beloved

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Pauline 09/12/2015 08:31

Un sacré roman ! :-) Toni Morrison nous emmène rarement là où nous avons envie d'aller... Enfin, je trouve.

Lyra Sullyvan 09/12/2015 20:55

Je ne saurais dire pour ses autres romans mais pour celui là en effet, c'est le cas ^^ Merci de ton passage :)