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Lis tes ratures !!

Parce que jouer sur les mots quand on parle de bouquins, c'est méta.

Jean-Claude Mourlevat - Le Combat d'hiver

Publié le 22 Avril 2012 par Lyra Sullyvan in Romans français, SF, Jean-Claude Mourlevat, 2006, Gift, Jeunesse

Le combat d'hiver est celui de quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, pour reprendre la lutte perdue par leurs parents, quinze ans plus tôt. 
Ont-ils la moindre chance d'échapper aux terribles "hommes-chiens" lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées? Pourront-ils compter sur l'aide généreuse du "peuple-cheval"? Survivront-ils à la barbarie des jeux du cirque réinventés par la Phalange?
Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, est de ceux qu'on dit perdus d'avance. Et pourtant. 

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Ca fait des années que j'entends parler (en très bien) des oeuvres de Mourlevat. Que ce soit ce livre-ci, ou encore Le Chagrin du Roi mort, ils me tentent depuis à peu près autant de temps. Seulement ma wish dépassant la taille de ma PAL (ce qui n'est pas peu dire), j'ai du mal à accéder dans l'immédiat à toutes mes envies, et il m'aura fallu du temps (et un cadeau du sieur Léo) pour que je me mette enfin à lire l'un de ces deux livres ! Et on dit merci à Léo ! ^^

La première chose qui m'a plue dans ce livre, c'est de ne pas avoir affaire à une dystopie "romance". Ca m'énerve que la plupart des dystopies soient axées sur un couple et le fait qu'ils se battent pour pouvoir vivre libres et heureux, amoureux ! Comme si c'était la seule raison pour laquelle on pouvait se battre pour sa liberté. J'dis pas que l'amour n'est pas important, loin de là, mais de faire de la dystopie une ode à l'amour, non, j'suis pas d'accord, ces deux choses n'ont pas toujours à être liées ! Et ici, s'il y a un peu d'amour, ça reste en trame de fond, c'est loin d'être l'essentiel. Ici, on se bat pour sa liberté, pour ceux qui sont morts avant, pour ceux qui souffrent aujourd'hui.

L'univers dépeint par Mourlevat est crédible, à part pour les quelques touches sf/fantastique présentes. La seule chose qui m'a semblé ne pas correspondre c'est l'âge des personnages. Les 4 principaux sont supposés avoir 17 ans, alors que pour moi ils en font 14/15. Rien de dramatique, though.

On découvre le monde, tel que dirigé par la Phalange, ou certains orphelins sont parqués, d'autres humains le sont aussi, dans des endroits assez peu désirables et plutôt dangereux. Dans un monde qui sonne gris et froid, et où malgré tout persiste une onde de chaleur et de réconfort.

Ce livre étant un one-shot et non une série, l'auteur ne développe pas énormément certains points, mais ils sont au final assez peu important, et laissent le travail à l'imagination. Chaque détail évoqué prend sa place dans la trame de l'histoire et nous permet de mieux comprendre. Les héros de l'histoire ne sont pas surpuissant, ils ne sont pas considérés comme les sauveurs du monde qui doivent tout dirigé, ne sont pas part de tous les plans de la rébellion. Et ne sont pas non plus forcément épargnés. J'ai vraiment aimé ce réalisme et cette crédibilité.

Une petite merveille que je recommande à tous chaudement, peu importe l'âge (bon p'tet pas à des très jeunes, c'est quand même pas facile).

Citations : 

"La force brutale était bien sûr du côté des barbares, mais comment croire qu'il n'y a pas, tapi dans le coeur des gens, le souvenir précieux de leur vie d'avant? Il y avait à coup sûr une braise sur laquelle souffler avant que les ténèbres ne recouvrent tout à fait le monde."

"Il lui semblait que la vue de ces couleurs, même dans le flou de sa myopie, l'arrachait au ventre sombre de la terre et la ramenait à la vie d'en haut, il lui sembla que le vent soufflait dans ses cheveux, que le sang coulait à nouveau dans ses veines."

 

2006, 417p.
Editeurs : Gallimard (Pôle Fiction)

Ils en parlent aussi : paikanne, Lalou, Flo_boss, Heclea, ...

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N
Exact, question de point de vue!
Répondre
L


Et je comprends tout à fait le tien ^^



N
Oui, enfin, je préfère que l'auteur stimule SON imagination plutôt que la nôtre, sinon c'est un peu facile. Nous sommes en tout cas d'accord sur la mièvrerie alors ;).
Répondre
L


J'comprends ce que tu veux dire, ça me frustre aussi parfois, de pas en savoir assez, mais je trouve que pour certains bouquins ça suffit, et pour celui là je
trouvais ça bien dosé. Mais c'est un point de vu personnel, après. ^^



N
J'aurais voulu pour ma part en savoir plus sur le fonctionnement de la dictature, et la fin soit moins abrupte. Au final, j'ai trouvé que l'ensemble se laissait lire, mais sans réelle passion,
hormis les passages de l'arène, qui m'ont plus captivé. Concernant l'âge des héros, je me suis fait la même réflexion, mais il ne faut pas oublier que garçons et filles vivent séparées les uns des
autres, du coup, ça peut expliquer leur côté un peu mièvre.
Répondre
L


C'est vrai qu'au final, ça manque un p'tit peu d'information sur la dictature, mais j'trouve ça intéressant parce que ça laisse place à
l'imagination sur ce que ça peut être.
Et oui, effectivement pour la mièvrerie ^^ 



L
17 ans ?! XD Pareil, je me souvenais 13/14 ! ^^

Très content que tu ais aimé ! Le chagrin du roi mort est aussi en Pôle Fiction... Alors... :P
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L


Ah ouais ? J'l'ai jamais vu en Pôle Fiction ! Cool ! J'aime bien comme format (bon la tranche jaune bof, mais bref), c'est souple et agréable à tenir !


Merci :D



S
Merci Léo :P

Contente que ça t'ait plu (mais à vrai dire je ne pensais pas que ça pourrait ne pas te plaire). Je suis tout aussi d'accord que toi sur les histoires d'amour : ça m'étouffe, ça m'agace, ça me fait
fuir. Pas pour le fait que ce soit omniprésent dans la littérature jeunesse, mais parce que souvent
1- ça ne rajoute rien à l'histoire et ce n'est pas toujours très justifié
2- C'EST SI MAL EXECUTE, ON Y CROIT PAS UNE SECONDE. Mince, on pourrait faire rêver les adolescentes avec des choses un peu plus crédibles et saines que "oh mon dieu, je l'ai entraperçu, je l'aime
si fort." Non.
(pardon, je m'énerve, je m'énerve :D)

Sinon c'est drôle, je ne me souvenais absolument pas qu'ils étaient supposés avoir 17 ans, et avec l'atmosphère innocente, j'étais restée à "ils ont 15 ans et c'est ce qui était dit" :)
Répondre
L


Ouais, j'aime pas l'aspect non crédible de ces relations en dystopie. Bon après, dans ce livre là ça part un peu vite aussi, sur ce côté là mais le contexte fait
que.. Et bref c'est pas central.


Et oui, c'est exactement ça, l'atmosphère innocente fait que t'as du mal à croire qu'ils ont 17 ans.