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Lis tes ratures !!

Parce que jouer sur les mots quand on parle de bouquins, c'est méta.

Clémentine Beauvais - Songe à la douceur

Publié le 20 Mars 2018 par Lyra Sullyvan in Clémentine Beauvais, Réécriture, Romans français, Female lead, Contemporain, 2016, Sarbacane, Autrice

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur , c’est l’histoire de ces deux histoires d’un amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans à ce moment-là d’une vie peuvent changer.

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Depuis le temps que je le vois passer partout, celui-là, je me suis enfin décidée à me le procurer lorsque j'étais au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en décembre dernier. Et puis bon, tant qu'à faire, je l'ai lu presqu'aussitôt.

On a ici à faire à une réécriture du roman en vers libres Eugène Onéguine d'Alexandre Pouchkine. Le vers libre permet des mises en pages particulières qui attirent l'oeil autrement. J'en lis assez peu, et du coup c'était surprenant, agréable et attrayant.

Eugène est un adolescent cynique, désabusé, qui se donne des airs de grandeur, alors que Tatiana est un peu le cliché littéraire de l'adolescente romantique qui se perd dans ses livres. Quelque chose se produit, on ne sait pas tout de suite quoi, et les deux ados se perdent de vue, sans que leur relation aille au delà de l'amitié, malgré l'intérêt que chacun porte à l'autre, probablement pour les mauvaises raisons.

Ils se retrouvent des années plus tard, et le vocabulaire évolue avec cette césure. C'est quelque chose qui m'a encore une fois surprise, mais qui allait bien avec la transition, j'ai trouvé ça assez chouette. Si la romance ici ne présente pas grand chose d'extraordinaire, le brio de Clémentine Beauvais, en retravaillant cette histoire (je ne connais pas l'originale donc je ne peux pas comparer), c'est son style, sa manière de le mettre en page, de le tourner, les mots qu'elle choisit.

C'est mon premier roman de l'auteur, et je dois dire que je suis intriguée par sa prose, et que j'ai très envie de voir ce qu'elle fait d'autre. Ça tombe bien, je me suis enfin décidée à me procurer Les Petites Reines (le rose de la couverture me freinait pas mal, c'est con, mais errh, cette couleur), qui me tente pas mal depuis un moment aussi.

Je pense que je relirai Songe à la douceur. Ça m'arrive rarement, mais j'ai l'impression que je suis passée à côté de certains trucs (pas dans le sens ça ne m'a pas touchée, mais dans le sens, j'ai raté des trésors cachés que je veux découvrir à ma deuxième lecture).

Si émotionnellement je ne pourrais pas dire que ça m'a touchée énormément, que c'est un coup de cœur etc. etc., clairement ce livre m'a marquée et m'intrigue, et me donne envie de m'y replonger. Et j'aime autant ce genre de trace que les traces plus émotionnelles. C'est riche autrement.

 

Citations :

* "Ça a vraiment existé cet âge-là ? Dix-sept ans !
C'est pas possible, dix-sept ans, c'est une invention.
C'est un âge qu'on a créé pour faire croire aux vieux
qu'ils ont été adolescents."

* "      s'il te plaît
           s'il te plaît s'il te
    plaît s'il te plaît  s'il te plaît
      s'il te plaît  s'il te plaît s'il te
plaît s'il te plaît  s'il te plaît  s'il te plaît                     mais non
            s'il te plaît s'il te plaît                   mais  mais     
 s'il te plaît  s'il te plaît   s'il te plaît               pourquoi pas  non
    s'il te plaît s'il te plaît  s'il te plaît             mais   mais pourquoi "

* "Je patiente, mais quand on patiente, on ne fait que frôler la réalité. Ça fait plusieurs semaines que je la frôle sans la toucher, attendant que la porte du jardin m’y projette."

 

2016, 240p.
Editeurs : Sarbacane

 

Ils en parlent aussi : Nathan, PikoBooks, ...

Commenter cet article

Karine 08/04/2018 23:31

Je viens de découvrir Les petites reines... et comme j'adore Eugène Onéguine, c'est certain que je vais le lire.

Lyra Sullyvan 09/04/2018 10:26

Je l'ai dans ma PAL mais pas encore lu, Les Petites Reines ! Et je ne connaissais pas Eugène Onéguine. Mais en tout cas vu ce que tu dis y a de bonnes chances que ça te plaise oui ^^