Publié par Lyra Sullyvan

Normalement, Jocelyn n'aurait pas dû obtenir une chambre à la Pension Giboulée. Mrs Merle, la propriétaire, est formelle : cette respectable pension new-yorkaise n'accepte aucun garçon, même avec un joli nom français comme Jocelyn Brouillard. Pourtant, grâce à son talent de pianiste, grâce, aussi, à un petit mensonge et à un ingrédient miraculeux qu'il transporte sans le savoir dans sa malle, Jocelyn obtient l'autorisation de loger au sous-sol. Nous sommes en 1948, cela fait quelques heures à peine qu'il est à New York, il a le sentiment d'avoir débarqué dans une maison de fous. Et il doit garder la tête froide, car ici il n'y a que des filles. Elles sont danseuses, apprenties comédiennes, toutes manquent d'argent et passent leur temps à courir les auditions. [...]

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Broadway Limited, nom d'un train qui reliait Chicago à New York - qui a son importance dans l'histoire vous vous en doutez-, nous fait explorer le New York de la fin des années 40 à travers les yeux de sa jeunesse, qu'elle soit issue de la ville, du pays, ou d'ailleurs.

On se retrouve à suivre Jocelyn, jeune français qui a le malheur d'avoir un nom qui en anglais est féminin et qui vient faire ses études aux Etats-Unis. Mais sur un quiproquo, on suit également Manhattan, Page, Chic, Hadley, ... De jeunes adultes (certains sont encore ados mais on tourne entre étudiants et jeunes actifs, pas chez des lycéens) qui vivent leurs aventures à New York, un peu après la fin de la deuxième Guerre Mondiale.

S'ils semblent superficiels au premier abord, on creuse petit à petit la surface en en découvrant davantage sur chacun, leur histoire, leur motivation, et je n'ai pas pu m'empêcher de m'attacher à ce petit monde, même si je n'adhérais pas toujours à leurs choix. On oscille entre la tendresse, l'humour, le rythme de la vie à New York, les émotions.

Chacun rêve de vivre de son art, que ça soit la danse, la musique, le chant, le théâtre, et cherche à trouver sa place dans le monde, à l'heure ou le cinéma n'est pas encore très présent, et que Broadway bat son plein fouet avec ses pièces de théâtre et ses Musicals. C'est une période que je connais assez peu, et c'était chouette de se plonger dedans.

On aborde aussi à travers leurs yeux la vision du monde après la deuxième guerre mondiale, chez des jeunes qui l'ont vécue de loin (hormis Jocelyn), la politique, le racisme, les élections à venir, ce qui apporte un contexte historique intéressant et forge aussi nos personnages.

Mis à part quelques formulations un peu maladroites ainsi que quelques répétitions un peu lourdes (qui semblent, elles, être voulues, mais une ou deux de moins seraient mieux passées je pense), le style de Malika Ferdjoukh est assez fluide et appréciable, on se laisse porter au fil des différents chapitres, dans les histoires des différents protagonistes.

En effet, si au début on suit essentiellement Jocelyn, quelques chapitres nous permettent d'aborder le point de vue des autres protagonistes qu'on ne voyait que par les yeux du jeune homme au départ. Cela donne alors plus de profondeur à l'histoire et nous permet de creuser un peu les autres personnages.

Allez... un dîner avec Cary Grant que vous allez passer un bon moment !

 

Citations :

" - C'est bien, la vie en France ? demanda-t-il à brûle-pourpoint, et d'une façon qui désarçonna quelque peu Jocelyn.
- Eh bien... pas mal. Quand ce n'est pas la guerre. Pourquoi ?
- J'aimerais bien voir comment c'est, un pays où les Noirs peuvent manger dans les mêmes restaurants que les Blancs."

" Dis voir, deux beautés te talonnaient tout à l'heure... je te retrouve taillant la bavette avec un duo de gastéropodes. Tu as jeté un sort aux filles ? Ces mollusques, ce sont elles ? Très mauvaise idée ! Même si cela fait de toi un individu intéressant."

" - On ne fume pas dans la salle de bain, lui signala Page.
- Pourtant j'y fume. Tiens, on a le même dentifrice !
- En effet. Le mien."

 

2015, 592p.
Editeurs : L'Ecole des loisirs

 

Ils en parlent aussi : Mademoiselle Bouquine, Les Lectures du Monstre, Miss G, Les Cahiers de lecture de Nathan, ...

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Marine Le Puy des Livres 16/05/2017 09:11

J'étais très tentée par cette lecture mais quand j'ai tenté de la lire je n'étais pas dans une bonne passe, j'ai donc reposé mon livre. Peut-être qu'une nouvelle tentative serait profitable.

Lyra Sullyvan 16/05/2017 09:35

Oui, vaut mieux pas insister et y revenir une autre fois :)

Karine 15/05/2017 03:09

J'aime généralement Malika Ferdjouhk, du coup, je note, malgré les petites maladresse.

Lyra Sullyvan 15/05/2017 13:15

Oui, ça reste pas très gênant, ça m'a juste déconcertée deux ou trois fois, donc sur l'ensemble du livre ça fait pas grand chose ^^