Publié par Lyra Sullyvan

Johnny est le souffre-douleur du collège. Faut dire qu'avec un prénom pareil, quand on n'a rien à voir avec celui de la télé... Et il est amoureux d'Alice, qui se serait bien passée d'une telle chance. C'est pourtant elle qui raconte son histoire, en dénouant peu à peu les fils emmêlés comme une pelote rêche la dévidant jusqu'à son coeur de diamant brut. Car finalement, c'est bien lui, Johnny, le plus fort.

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Alice nous raconte donc Johnny, à travers ses yeux de bully (=personne qui maltraîte, malmène, harcèle une ou plusieurs personnes).

C'est très court, mais ça suffit à faire passer le message, à apporter un point de vue qu'on n'a pas toujours sur la situation. L'entrée en matière est surprenante puisqu'Alice s'adresse à Johnny et lui parle donc à la deuxième personne du singulier, mais ça donne l'impression qu'elle s'adresse à nous. Johnny se dévoile au fur et à mesure des pages, Alice aussi.

On se met à la place du gamin qui ne connait pas l'empathie, que se moquer de quelqu'un n'est pas un jeu, qu'il y a quelqu'un à l'autre bout des moqueries. On voit l'insensibilité, l'impression de ne rien faire de mal. Johnny n'est qu'un élément du décor en fait.

Et j'ai trouvé que c'était intéressant de passer par cette perspective qui n'est pas souvent celle que l'on prend en littérature pour ce genre de sujet. Ça n'excuse rien mais ça aide à comprendre les adolescents qui se retrouve dans ce jeu absurde, qui au début ne disent trop rien, mais par la suite se mettent à faire comme leurs camarades, par imitation, par intégration, etc.

Bref je pense que c'est intéressant de le faire lire aux collégiens, surtout que c'est très court, donc ça prend pas un temps considérable.

Citations :

 

* "Même quand on ne fait rien, on est parfois coupable. De n'avoir rien fait justement."

* "Il y a de l'amour qu'on ne voit et qui se prépare, et de l'amour qu'on rejette parce qu'on ne s'en croit pas digne"

 

2010, 60p.
Editeurs : Sarbacane

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