Publié par Lyra Sullyvan

A 43 ans, Jeff Winston meurt subitement d'une crise cardiaque, laissant derrière lui une vie médiocre et un mariage à la dérive. Quelle n'est pas sa stupeur lorsqu'il se réveille... dans sa chambre d'étudiant, âgé de 18 ans. Dans le passé, sa vie recommence comme avant. Sauf qu'il a gardé le souvenir de sa précédente existence...
Qui n'a jamais rêvé de pouvoir revivre son passé fort de son expérience d'aujourd'hui ?

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Le pitch de ce bouquin m'a clairement fait penser à celui de Les Quinze Premières Vies d'Harry August (paru bien plus tard), et j'ai eu envie de voir la différence de traitement entre les deux. Et puis j'avais entendu parler de ce bouquin qui m'intriguait. Alors quand en plus il rentrait dans le challenge que je me suis imposée il y a quelques temps et dont je vous parlerai très prochainement sur le blog puisque grace à ce livre je viens de le terminer, tout était réuni pour que je me lance :P

Et ce qui est chouette, c'est que c'est traité différemment, même si clairement les similitudes sont là. 

On suit donc Jeff et les choix qu'il fait à chaque occurrence, en sachant très bien que tout recommencera à zéro après sa mort, et que ses choix n'auront plus de conséquence. Imaginez que vous ayez des enfants, et qu'à la vie suivante ils n'existent pas. Imaginez que vous ayez une autre carrière, un autre conjoint... Tout cela soulève donc des questions d'éthique (et une potentielle dépression).

Mais c'est intéressant, parce que du coup on voit comment Jeff évolue, et pourquoi il décide de refaire ou ne pas refaire certaines choses de ses vies, on voit le poids qui pèse, on cherche une logique, une raison, on se demande ce qui va venir après, s'il est le seul dans ce cas, est-ce qu'il y a un but, est-ce que chacune de ses vies devient une réalité alternative,... bref des tonnes de questions.

Ça m'est arrivée plus d'une fois d'imaginer ce que ça pourrait donner de repartir de mon enfance avec mes souvenirs d'aujourd'hui, et si ça peut être tentant, c'est aussi terrifiant, d'autant que l'on sait qu'on est qui on est par notre vécu, mais si on ne vit pas les mêmes choses, on est pas supposés devenir les mêmes personnes. Paradoooxe. ^^

Côté personnage, Jeff n'est pas nécessairement un personne attachant, mais il n'est pas là pour ça. Il est là pour ses réflexions, pour ses choix, et tant pis si on n'accroche pas à sa personnalité. J'ai été un peu déçu par le traitement de la majorité des personnages féminins (même si certaines sortent leur épingle du jeu) que j'ai trouvé assez peu appréciables et parfois clichés, décrits avec condescendance, souvent, mais au final les masculins ne sont pas forcément mieux traités. Il y a une certaine distance avec tous ces personnages, et ça peut être déstabilisant mais encore une fois, ici ce n'est pas ce qui fait vivre l'histoire, donc ça passe.

Bon par contre, j'ai été assez frustrée par la fin pour la seule et bonne raison qu'à un moment le personnage reçoit un courrier qui laisse entendre qu'on découvrira de nouvelles choses, et en fait, bah.. ABSOLUMENT PAS EXPLOITÉ. Ce courrier ne sert à rien du tout, et on se demande pourquoi l'auteur l'a mis là et s'il ne l'a pas oublié en route.

En somme, c'était une lecture vraiment intéressante et prenante de par ses enjeux, et je ne suis pas mécontente de l'avoir découverte !

Citations :

* "Le jeu de hasard était tellement plus net et carré que cela l'apaisait : on gagne ou on perd, débit ou crédit, on a raison ou on a tort. Point final. Pas d'ambiguïtés, pas de bavures; surtout quand on connaît le résultat à l'avance."

* "Le seul véritable échec, et le plus douloureux, aurait été de ne prendre aucun risque."

* "Ah ! Savoir que l'on peut revenir et changer les choses, les rendre meilleures… Mais nous ne l'avons pas fait, n'est-ce pas ? Nous les avons seulement rendues différentes."

 

1987, 432p.
Editeurs : Points
Titre anglais : Replay

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