Publié par Lyra Sullyvan

Harry August se retrouve sur son lit de mort. Une fois de plus. Chaque fois qu’Harry décède, il naît de nouveau, au lieu et à la date exacts auxquels il est venu au monde la première fois, possédant tous les souvenirs des vies qu’il a déjà vécues. Au crépuscule de sa onzième vie, une petite fille apparaît à son chevet. « J’ai bien failli vous rater, Docteur August, dit-elle. Je dois vous transmettre un message, passé d’enfant à adulte, d’enfant à adulte, à travers des générations depuis mille ans dans le futur. Le voici : « Le monde se meurt, et nous ne pouvons rien y faire. À vous de jouer. »

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Ça faisait un moment que j'entendais parler de ce livre à droite à gauche, il était temps que je m'y plonge moi-même.

Ce qui m'a attiré déjà, c'est le postulat de base : des personnes qui renaissent dans leur propre corps, vie après vie, à la même époque, mais avec le savoir des vies précédentes. Le nombre de fois où je me suis imaginée la situation pour moi même a fait que nécessairement, ça m'a parlé.

Alors forcément, qui dit "voyage dans le temps" (s'en est, en quelque sorte), dit paradoxes temporels, et il ne faut pas trop essayer de s'imaginer ce que cela donnerait réellement sous peine de migraines :P Mais c'est super intéressant, ça soulève nécessairement des questions d'éthique : qu'est-ce qu'on a le droit de changer, dans quelle mesure peut-on agir, a-t-on ce don pour agir sur quelque chose ou a-t-on un devoir moral de ne toucher à rien, etc. Et sans entrer dans un champ aussi politique, que changer de sa vie, quelle voie prendre, et dans quelle mesure les actions que l'on a maintenant vont affecter notre vie de plus tard, notre santé, etc.

Harry August nous fait donc traverser ses 15 premières vies dans une chronologie quelque peu mélangée, et semble s'adresser à nous mais pas tout à fait non plus (ça s'éclaircit sur la fin), pour nous faire comprendre son parcours, son don, cette histoire de fin du monde qui approche (que l'on aborde pas tout de suite et qui ne se met en place que progressivement et subtilement), etc.

J'ai trouvé la réalisation plutôt efficace. Pas de temps mort à mes yeux, tous les passages ont leur intérêt, les choses se mettent en place petit à petit à travers ceux-ci, et quand parfois on se demande ce qu'un passage a à voir avec la choucroute, le chapitre suivant nous éclair par la métaphore / le lien avec le reste.

En somme, c'est plutôt une réussite de mon côté, j'ai passé un bon moment, avec l'envie d'en savoir plus, de comprendre comment la situation allait évoluer, jusqu'où ça pouvait aller. Je ne peux donc que le recommander !

Citations :

"Il n'est pas de plus grande solitude que celle qu'un homme peut éprouver au sein d'une foule. Il peut bien hocher la tête, sourire et dire ce qu'on attend de lui : en faisant semblant, il éloigne encore davantage son âme de la fraternité des hommes."

"Le temps était quelque chose de simple, et il l'est encore. Nous pouvons le diviser facilement, le mesurer, nous en servir pour organiser nos repas et trinquer à son passage. Nous pouvons le déployer mathématiquement, l'utiliser pour exprimer des idées sur l'univers observable, et pourtant, lorsqu'il s'agit de l'expliquer à un enfant avec un vocabulaire basique, nous échouons . Pour l'essentiel, ce que nous savons faire de mieux avec le temps, c'est le perdre ."

"Je portais mon corps d’enfant comme une vieille femme aurait porté un bikini minuscule offert par une amie aux os friables."

2014, 570p. Editeurs : Milady Titre original : The First Fifteen Lives of Harry August

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