Publié par Lyra Sullyvan

"Avant même d'avoir préparé nos bagages et entrepris les trois heures de route vers le New Jersey, je savais qu'il me faudrait écrire à propos de mon père..." Pour l'auteur-narrateur, la mort brutale de son père sonne l'heure d'une confrontation fondamentale, qui mettre aux prises l'écriture et la mémoire, l'écriture et la vie. Récit et roman, quête promise à l'échec d'un "homme invisible" éloigné par la mort, mais aussi d'une blessure intime, L'Invention de la solitude est le texte-source d'un des écrivains les plus marquants de la littérature américaine d'aujourd'hui.

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J'avais bien aimé ma lecture du Livre des Illusions du même auteur, et du coup, j'ai eu l'envie de tenter quelque chose d'autre de cet auteur. Autant vous dire tout de suite que j'aurais du choisir quelque chose d'autre de lui.

Ce livre est un peu particulier dans le sens où l'auteur raconte partiellement des morceaux de sa vie, et de celle de son père, mais les implémentes de pas mal de citations, de passage où il raconte qu'il est à court d'idée sur comment écrire, le fait qu'il va voir un film pour faire une pause dans son écriture, etc.

Si la première partie, "Portrait d'un homme invisible", sur sa relation à son père, la vie de celui-ci, etc. est intéressante, j'ai eu beaucoup plus de mal avec la partie "Le livre de la mémoire", qui est beaucoup moins construite et ressemble limite à un brouillon avec des chapitres. J'ai été gênée par les "épigraphe(s) possible(s) pour le Livre de la mémoire" et autre choses qui semblaient encore indéterminées alors que dans l'oeuvre, mais aussi le fait qu'il parle de lui même à la troisième personne dans la deuxième partie, alors qu'on sait que c'est lui qui écrit. Même si je comprends l'idée du détachement, j'ai vraiment eu du mal. Quelques passages plus narratifs m'ont persuadée de continuer puisque ceux-ci passaient mieux, mais je pense être passée à côté de l'intérêt du livre. L'introspection, utile pour lui, je la comprends, mais en tant que lectrice extérieure à sa vie, je n'en ai pas vu l'intérêt (oui, certains crierons probablement au sacrilège face à une telle oeuvre, blablabla. Don't care.).

Je pense par contre pouvoir retrouver un style plus appréciables dans d'autres de ses œuvres moins introspectives, donc je retenterai probablement ma chance avec cet auteur, mais ici, la lecture a été assez pénible sur la deuxième partie, et j'ai envisagé plus d'une fois d'arrêter.

Citations :

"J'ai appris qu'il n'est rien de plus terrible que la confrontation avec les effets personnels d'un mort. Les choses sont inertes. Elles n'ont de signification qu'en fonction de celui qui les utilise. La disparition advenue, les objets, même s'ils demeurent, sont différents. Ils sont là sans y être, fantômes tangibles, condamnés à survivre dans un monde où ils n'ont plus leur place."

"Aujourd’hui j’ai traîné dans la maison, sans but, déprimé, j’avais l’impression de perdre contact avec ce que j’écrivais, et je suis tombé par hasard sur ces mots dans un lettre de Van Gogh : "je ressens comme n’importe qui le besoin d’une famille et d’amis, d’affection et de rapports amicaux. Je ne suis pas fait de pierre ou de métal, comme une fontaine ou un réverbère." C’est peut-être là ce qui compte réellement : parvenir au plus profond du cœur humain, en dépit des apparences. "

"Le langage n'est pas la vérité.Il est notre manière d'exister dans l'univers."

1982, 184p. Editeurs : Le livre de poche Titre original : The Invention of Solitude

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